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Conversation avec les expatriés: Les cœurs qui se souviennent de soi-même

23:08:52, 02/02/2007

Interview réalisé par Ngô Thị Kim Cúc

 

Poussées par leur cœur et leur âme Vietnamiens, Dominique et Phuong Oanh ont fait des recherches sur la vie spirituel Vietnamien à travers des activités artistiques en France et en Europe.

Dominique Hardy, Directrice artistique de l’Espace Echange Culturel Franco-Asie, et Phuong Oanh, Professeur d’Etat de la musique traditionnelle du Vietnam, Directrice de l’Association Culture et Musique traditionnelles Vietnamiennes en France sont en train de réaliser un projet: retracer les histoires orales des Vietnamiens de ville, de campagne, de plaine, et de montagne…, pour montrer à travers ces histoires les traits spécifiques de l’âme Vietnamien dans la communauté culturelle asiatique et du reste du monde. Des gens issus de la minorité Kinh à Huê, au pont couvert Thanh Toàn, ainsi que la minorité des Tà Ôi à A Luoi..., ont raconté, ont chanté, ont révélé des faits de leur culture, des opinions sur l’âme, la croyance, le lien entre les vivants et la mort, les tabous dans la vie de tous les jours… Ce projet fournira des matières à Dominique Hardy pour construire son troisième œuvre sur le Vietnam, après « Tout un monde » et « Sur les traces de Kiêu », œuvres déjà présentés au public Français au théâtre des jeunes à Strasbourg ainsi qu’au festival d’Avignon.

* Quelles idées vous ont amenées à réaliser ce programme ?

- Dominique Hardy: Quand j’étais petite, au Vietnam, ma grand-mère paternelle me racontait souvent des histoires des fantômes et des esprits dont je me souvenais toujours : des histoires que je garde précieusement encore. Grandie dans une culture Française, je connaissais l’âme des Français. La différence entre les deux cultures me poussait à chercher à comprendre jusqu’au bout des choses.

*Comment l’âme, selon vous, influence sur la vie des gens ?

 - Dominique Hardy: je crois à un monde immatériel, il existe des faits qu’on n’a pas besoin d’expliquer. En réalité, il faut les écouter et les laisser se manifester.

- Phương Oanh:  Selon moi, notre peuple a une tradition de culte des ancêtres alors ces histoires sur l’âme sont ancrées profondément dans notre subconscient.

* Phuong Oanh vous avez quitté le Vietnam depuis plus de 30 ans, Dominique avec votre origine Franco -Vietnamienne, comment votre vie spirituelle vietnamienne a-t-elle contribué à vos activités d’aujourd’hui ?

- Dominique Hardy: Par mon sang Vietnamien, j’ai fondé le groupe de théâtre Archipel indigo, pour pouvoir travailler sur les projets d’échanges culturelles entre les deux pays. Je veux créer des liens et des participations à la culture entre les deux peuples. Dans leur majorité, les Français aiment comprendre la culture des autres pays, de même pour les Français d’origine étrangère. Il est évident que dépasser la barrière de la langue n’est pas une chose facile. Ce qui m’a beaucoup aidé c’est d’assister aux pièces de théâtre qui parlent de mon propre état d’âme. J’ai utilisé la musique comme moyen de communication vers les gens. Ainsi que le décor, la lumière, les couleurs que j’utilise sur la scène sont tous sélectionnés avec soin pour atteindre les objectifs que je me suis fixés.

- Phương Oanh: Si nous voulons rester Vietnamien, il faut garder notre esprit. J’ai quitté le pays depuis plus de 30 ans, mais mon âme tend toujours vers la patrie. J’ai appris le Vietnamien à mes enfants, et surtout quils aient conscience qu’ils sont « des Vietnamiens en France », avec des traditions et des coutumes vietnamiennes, non seulement pendant les fêtes mais aussi dans la vie de tous les jours.

*Jusqu’où a progressé votre programme à Huê ?

- Dominique Hardy: Nous avons été reçu chaleureusement et aidé partout où nous allons. Nous avons été satisfaites sur ce que nous voulons savoir. Tout le monde a voulu que nous progressons rapidement et dans les meilleures conditions. J’adore Huê, j’y ai ressenti un monde invisible ainsi qu’une âme. Je suis très enthousiaste d’avoir récolté de nouvelles idées pour mes prochains programmes.

- Phương Oanh: La population de Huê dans l’ensemble est très hospitalière et enthousiaste, peut-être que Dominique aime Huê à cause de cela. Rien de surprenant pour moi-même, car Huê fait partie de moi, malgré plus de 40 d’absence. Je crois que Dominique a trouvé le bon terrain pour son projet.

* Avez-vous l’intention d’étendre le projet vers d’autres régions ?

 - Dominique Hardy: Je vais réaliser une pièce de théâtre avec tous les éléments récoltés à Huê, et évidemment je n’ai jamais abandonné l’idée de retourner au Vietnam pour d’autres projets de recherche. Nous avons déposé le dossier de participation au Festival de Huê 2008
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